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Équipement – Numérisation de microfilms

26 - 11 - 2020

Parmi ses nombreuses actions, le DIM STCN finance du matériel pour accompagner ses projets partenaires, afin de pouvoir leur fournir les moyens techniques nécessaires au bon déroulement de leur recherche. Aujourd’hui, François Bougard de l’IRHT vient nous parler des enjeux de la numérisation de microfilms :
L’Institut de recherche et d’histoire des textes a été créé en 1937 en se fixant comme mission, dans une formulation aussi ingénue qu’ambitieuse, « l’étude de l’histoire de la transmission écrite de la mémoire humaine ». Ce que les fondateurs avaient alors en tête était surtout l’héritage antique, que nous ne connaîtrions que de manière infime sans l’activité des copistes de l’époque carolingienne : c’est grâce aux livres manuscrits qu’ils ont réalisés qu’ont été transmises les œuvres des siècles qui les précédaient. On se fixait comme objectif de pouvoir disposer de chaque manuscrit conservé, par le biais de la photographie, de manière à pouvoir comparer les différents témoins d’un même texte et leurs variantes, quand bien même ces
témoins sont dispersés dans les bibliothèques du monde entier. Or, l’année 1937 est aussi celle de la mise au point d’une version du support microfilmique adaptée à la reproduction des documents avec une finalité d’archivage sur la longue durée. Inventé au milieu du XIXe siècle, le microfilm fit ainsi son entrée dans les archives et les bibliothèques à la fin des années 1930 et surtout après la seconde guerre mondiale. Il s’agissait encore de film acétate, qui fut remplacé à partir de 1955 par le film polyester, d’une remarquable stabilité, dont la durée de vie estimée par certains est de l’ordre du millénaire (!).

L’IRHT est ainsi né en même temps que la solution technique lui permettant de mener à bien son projet. Au fil des décennies, il a pu se constituer une filmothèque considérable (environ 80 000 microfilms, soit une des collections les plus importantes au monde), à partir de deux sources. L’une provient des établissements de conservation hors de France, auprès desquels les reproductions ont fait et font toujours l’objet d’acquisitions. L’autre est celle des bibliothèques et archives françaises, pour lesquelles le laboratoire a mené des missions de reproduction des manuscrits médiévaux et des incunables peints à partir de 1947, en sillonnant le pays avec un camion spécialement équipé. Peu à peu, et spécialement dans le cadre d’une convention avec le ministère de la Culture désignant l’IRHT comme opérateur national pour la reproduction des manuscrits (en dehors de la Bibliothèque nationale, qui opère pour son propre compte), les trois quarts du du territoire national ont été couvert, ce qui représente environ 30 000 microfilms.

Le passage du microfilm noir et blanc à la numérisation directe et en couleurs est relativement récent : 2010. Depuis cette date, les missions de reproduction font appel à des plateformes de numérisation, du type de celles dont le DIM a soutenu l’acquisition pour le projet lié à la Bibliothèque sainte-Geneviève. Mais il serait absurde de considérer que tout ce qui est antérieur à l’imagerie « digitale » est devenu d’un coup obsolète. On est loin d’avoir couvert le territoire de manière aussi complète que cela a été fait par le microfilmage et bien des manuscrits, en France et à l’étranger, ne sont, et ne seront encore pendant longtemps, rendus disponibles que par le support du microfilm pour qui ne peut les consulter directement là où ils sont conservés. Les microfilms témoignent aussi de collections aujourd’hui disparues du fait des destructions de la guerre. Il est donc impératif le trésor de microfilms accumulé par l’IRHT en le rendant accessible aussi facilement que le sont les images numériques. D’où le projet, formulé depuis longtemps mais pour la réalisation duquel les moyens ont longtemps manqué, de numériser la collection et de la mettre à disposition de tous sur la Bibliothèque Virtuelle des Manuscrits Médiévaux (BVMM).

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